COPPENA dénonce une réforme électorale jugée contraire à l’indépendance du CEP

COPPENA dénonce une réforme électorale jugée contraire à l’indépendance du CEP
Port-au-Prince, 25 mai 2026.- L’organisation COPPENA a publié une note publique exprimant sa vive inquiétude face aux récentes modifications apportées au décret électoral par les autorités gouvernementales haïtiennes. Au cœur des préoccupations figure le remplacement du poste de directeur exécutif du Conseil électoral provisoire (CEP) par celui de directeur général, désormais nommé en Conseil des ministres.
Dans ce communiqué signé par son président Diego Pierre, COPPENA estime que cette décision représente une menace sérieuse pour l’autonomie administrative et fonctionnelle du CEP, une institution considérée comme essentielle à la crédibilité et à la transparence du processus électoral en Haïti.
L’organisation souligne que cette réforme pourrait porter atteinte aux principes fondamentaux de l’État de droit ainsi qu’à l’indépendance de l’organe électoral. Selon elle, l’ingérence du pouvoir exécutif dans la désignation des responsables du CEP risque d’affaiblir la confiance de la population et des acteurs politiques dans les futures élections.
Dans son argumentaire, COPPENA s’appuie notamment sur la Constitution haïtienne amendée de 1987. Le document évoque l’Article 58, relatif à la souveraineté nationale exercée dans le respect de la Constitution, ainsi que l’Article 289, qui établit les bases d’un Conseil électoral indépendant chargé d’organiser des élections libres, honnêtes et transparentes.
L’organisation rappelle également les engagements contenus dans le pacte national signé par plusieurs structures politiques et sociales du pays. Ce pacte prévoit le respect de l’indépendance et de la neutralité du CEP, la recherche d’un consensus national autour des réformes électorales ainsi que la transparence et l’inclusivité dans toute modification du cadre électoral.
COPPENA regrette que cette décision ait été prise sans large concertation politique et sociale. Elle considère que la mesure s’éloigne de l’esprit de la Constitution et des engagements pris dans le cadre du pacte national.
À travers cette prise de position, l’organisation appelle implicitement les autorités concernées à privilégier le dialogue, le consensus et le respect des institutions démocratiques afin de préserver la stabilité politique et la confiance citoyenne dans le processus électoral haïtien.


