3 janvier 2026, jour de rupture: Lapè Pou Ayiti lance l’assaut citoyen contre le pouvoir en place

3 janvier 2026, jour de rupture: Lapè Pou Ayiti lance l’assaut citoyen contre le pouvoir en place
Delmas, 31 décembre 2025.- Le ton est grave, la détermination affichée sans détour. Lors d’une conférence de presse tenue mardi dans la commune de Delmas, le mouvement Lapè Pou Ayiti a lancé un appel retentissant à la mobilisation populaire. Objectif clairement assumé, contraindre le Conseil Présidentiel de Transition (CPT), le gouvernement et le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé à quitter le pouvoir à l’issue d’une grande manifestation annoncée pour le 3 janvier 2026, présentée comme « décisive » et « irréversible ».
Dans une déclaration fleuve, Fritznel Pierre Louis, membre influent du mouvement, a dressé un tableau sombre de la réalité socio-économique du pays. Il affirme que Lapè Pou Ayiti a sillonné plusieurs départements, Sud, Sud-Est, Nippes, Grand’Anse, Plateau Central, Artibonite, au prix d’énormes sacrifices, traversant des routes bloquées et des zones contrôlées par des groupes armés, afin d’écouter la population et documenter sa souffrance.
Partout, le même constat, selon lui, une misère généralisée, une jeunesse sans avenir, des femmes et des filles victimes de violences dans les camps de déplacés, un manque criant d’eau potable, de nourriture et de sécurité. « Le peuple est abandonné », martèle-t-il, dénonçant un État absent et un pouvoir qu’il qualifie de sourd aux revendications populaires.
Les responsables de Lapè Pou Ayiti ont particulièrement insisté sur la situation dramatique des camps de déplacés internes. Violences sexuelles, faim, promiscuité, maladies, enfants privés de toute dignité, pour le mouvement, l’inaction du pouvoir en place équivaut à une complicité silencieuse. « Pendant que certains enfants reçoivent des cadeaux en décembre, d’autres n’ont même pas de quoi manger », a lancé Fritznel Pierre Louis, dans une charge émotionnelle assumée.
Sur le plan politique, le message est sans ambiguïté, le CPT est tenu pour responsable de l’échec de la gouvernance actuelle. Pour Lapè Pou Ayiti, le gouvernement n’est qu’une émanation directe du Conseil Présidentiel de Transition. « Si le CPT tombe, le gouvernement tombe automatiquement », a insisté le mouvement, rejetant toute tentative de dissociation ou de réaménagement interne du pouvoir.
La manifestation du 3 janvier est ainsi présentée comme un tournant historique, une mobilisation pacifique mais massive, portée par « les laissés-pour-compte, les habitants des ghettos, les plus démunis », désormais décidés à faire entendre leur voix.
De son côté, Nélus Néruis, porte-parole de Lapè Pou Ayiti, a salué le rôle central de la presse dans la visibilité du mouvement et dans la mobilisation nationale. Il a mis en garde contre certaines voix qu’il accuse de parler au nom du peuple tout en défendant des intérêts personnels. « La seule voie crédible pour obtenir le changement reste la mobilisation populaire », a-t-il martelé.
À l’approche du 7 février, date hautement symbolique dans l’histoire politique haïtienne, Lapè Pou Ayiti affirme que le compte à rebours est lancé. Le 3 janvier, selon le mouvement, le peuple descendra dans la rue pour reprendre sa parole et son destin.
Une chose est certaine : à quelques jours de cette mobilisation annoncée comme la « dernière », la tension politique et sociale atteint un niveau critique, plaçant Haïti face à une nouvelle épreuve de vérité.
La rédaction.


