Transition politique : le CONAI conteste la légitimité du gouvernement Fils-Aimé et évoque un “coup d’État planifié”

Transition politique : le CONAI conteste la légitimité du gouvernement Fils-Aimé et évoque un “coup d’État planifié”
Pétion-Ville, 14 février 2026. Le Consensus National Inclusif (CONAI) a tenu, vendredi, une conférence de presse dans la commune de Pétion-Ville afin de clarifier sa position sur la conjoncture politique nationale. Son porte-parole, Eudes Lajoie, ancien directeur général du SNGRS, a livré une déclaration ferme concernant la fin du mandat du Conseil Présidentiel de Transition (CPT) et la situation du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé.
Selon Eudes Lajoie, le mandat du CPT est arrivé à expiration le 7 février 2026. Il soutient que le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, issu de l’accord du 3 avril 2024 ayant institué le CPT, ne saurait se maintenir en fonction au-delà de cette échéance.
D’après le porte-parole du CONAI, l’accord du 3 avril 2024 a pris fin en même temps que le mandat du CPT. Par conséquent, le gouvernement dirigé par Alix Didier Fils-Aimé serait, selon lui, dépourvu de base légale depuis le 7 février 2026. « Le Premier ministre faisait partie intégrante de l’accord ayant donné naissance au CPT. Il devait partir en même temps que le CPT », a-t-il affirmé.
Eudes Lajoie rappelle en outre qu’Alix Didier Fils-Aimé aurait été révoqué par le CPT avant la fin de son mandat, le qualifiant ainsi de « Premier ministre révoqué ». Pour le CONAI, toute prétention au maintien en fonction constituerait une violation des principes de légitimité institutionnelle.
Au cours de la conférence, le porte-parole a également déclaré que le Premier ministre bénéficierait du soutien de l’ambassade américaine en Haïti, dirigée par un chargé d’affaires. Selon lui, cette situation ouvrirait la voie à un « coup d’État planifié » qui se serait matérialisé à la date du 7 février 2026.
Eudes Lajoie estime que le pays serait entré dans une phase de rupture institutionnelle depuis cette date, dénonçant ce qu’il considère comme une tentative de maintien au pouvoir en dehors de tout cadre légal.
Le CONAI indique avoir initié et soutenu des assises nationales, notamment une première séquence de dialogue tenue du 18 au 21 janvier 2026, suivie d’une seconde rencontre du 1er au 3 février 2026 à l’hôtel Montana. Ces discussions auraient réuni des représentants de partis politiques, de la diaspora, du secteur religieux et de la société civile.
Selon l’organisation, ces consultations ont abouti à des résolutions visant la mise en place d’un exécutif bicéphale et d’une présidence collégiale, dans le but de favoriser une transition inclusive et consensuelle.
Dans ce sens, Eudes Lajoie a appelé les forces vives de la nation et la communauté internationale à prendre acte de la fin du mandat du CPT et, par extension, de celui du gouvernement issu de l’accord du 3 avril 2024. Le CONAI affirme poursuivre ses démarches en vue de promouvoir une solution politique qu’il qualifie de légitime, inclusive et respectueuse des échéances établies.
Gesner Jean Marie, Journaliste, juriste.


