Contrat sécuritaire à 542 millions USD : l’ONLCC dénonce une “zone d’ombre” au sommet de l’État
Port-au-Prince, 2 mars 2026.- L’Observatoire National de Lutte contre la Corruption (ONLCC) tire la sonnette d’alarme. Dans un communiqué rendu public ce lundi, l’institution anticorruption met en cause l’opacité entourant un contrat sécuritaire évalué à plus de 542 millions de dollars américains, conclu sans appel d’offres avec la firme Ever Green, et validé pour dix ans par la Cour Supérieure des Comptes et du Contentieux Administratif (CSCCA).![]()
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Face à ce qu’elle qualifie de « gestion opaque des deniers publics », l’ONLCC formule une série de questions :
Pourquoi la CSCCA a-t-elle validé le contrat après avoir relevé des vices de forme ?
Un engagement financier de cette ampleur ne devrait-il pas être soumis à l’aval du Parlement ?
En l’absence de Parlement fonctionnel, un débat national n’était-il pas indispensable ?
Pourquoi ces fonds ne sont-ils pas investis dans le renforcement des Forces Armées d’Haïti (FAd’H) et de la Police Nationale d’Haïti (PNH) ?
D’où vient cette persistance du secret autour de contrats financés par le Trésor public ?
Dans son communiqué, signé par son directeur exécutif Ricardo Fleuridor, l’ONLCC critique sévèrement la CSCCA et le gouvernement, estimant que la validation d’un tel contrat « porte atteinte à la souveraineté nationale » et pourrait ouvrir la voie à « une corruption à grande échelle ».
L’organisation redoute également que la prolongation de l’insécurité serve à justifier la présence continue de firmes de sécurité étrangères, au détriment d’un investissement structurel dans les forces nationales.
Au nom de la transparence, l’ONLCC appelle les forces vives de la société civile et de la classe politique à se prononcer d’urgence sur ces choix sécuritaires jugés coûteux et, à ce stade, inefficaces.
Au-delà des chiffres vertigineux, c’est une question de gouvernance et de souveraineté qui se pose : comment justifier un engagement de plus d’un demi-milliard de dollars dans un pays en crise, sans débat public ni résultats mesurables ?
Rédaction Réalité Info