Politique

Présidence provisoire : le RNDDH conteste une désignation sans consensus autour de la Cour de cassation

À l’approche du 7 février 2026, Pierre Espérance, directeur exécutif du RNDDH, exhorte le Premier ministre à prendre en charge la gestion des affaires courantes suite au départ du CPT. Parallèlement, il formule des réserves substantielles concernant la nomination de Jean-Joseph Lebrun, président de la Cour de cassation, au poste de président provisoire. Il dénonce une approche dépourvue de consensus, jugée potentiellement déstabilisatrice.

Réalité Info, Port-au-Prince, 3 février 2026.- Alors que le pays se dirige vers une nouvelle phase institutionnelle délicate avec la fin prévue de la mission du Conseil présidentiel de transition (CPT) le 7 février 2026, Pierre Espérance, directeur exécutif du Réseau national de défense des droits humains (RNDDH), a présenté une analyse approfondie de la situation politique actuelle. Il considère que, dans l’immédiat, le Premier ministre et son gouvernement doivent se concentrer sur la gestion des affaires courantes, en attendant qu’un consensus national émerge sur l’orientation à adopter pour le pays.

Selon Pierre Espérance, ni le CPT ni les principaux acteurs politiques n’ont déployé les efforts requis pour parvenir à un accord politique et établir une feuille de route claire. Il a déclaré : « L’année 2026 devait être dédiée à la sécurité et aux élections. » « Cependant, il déplore qu’aucun cadre consensuel n’ait été établi, critiquant une classe politique qu’il considère plus encline à s’engager dans des transitions prolongées qu’à organiser des élections crédibles. »

Le responsable du RNDDH exprime de vives critiques concernant la désignation de Jean-Joseph Lebrun, président de la Cour de cassation, en tant que président provisoire après le 7 février. Il estime que cette décision intervient dans un contexte d’instabilité significative et sans le soutien explicite de l’ensemble des forces politiques et sociales.

Pierre Espérance exprime une préoccupation quant à la situation actuelle. D’une part, il observe un Conseil de Protocole de Transition (CPT) affaibli et discrédité, cherchant à imposer une solution pour sortir de la crise. D’autre part, il note la présence de groupes et d’alliances qu’il associe à la coalition criminelle « Viv Ansanm » et à Guy Philippe, qui tentent d’influencer l’orientation de la transition. Selon le Réseau National de Défense des Droits Humains (RNDDH), une telle configuration pourrait plonger le pays dans un chaos inacceptable et exposer les magistrats de la Cour de cassation à des dangers considérables.

LIRE AUSSI:  Après des consultations menées par la commission politique, le président de la Cour de cassation accepte de conduire la transition du 7 février 2026

Selon Pierre Espérance, l’avenir d’Haïti ne saurait être déterminé par un groupe restreint d’acteurs, et encore moins par des groupes armés ou leurs soutiens politiques. Il souligne que si l’idée d’un gouvernement bicéphale venait à être envisagée, cela ne pourrait se faire qu’au sein d’un large consensus national impliquant l’ensemble des forces vives du pays.

« Le pays n’appartient pas à une minorité », souligne-t-il, réfutant toute tentative de légitimation de groupes qu’il considère comme terroristes dans la gestion des affaires publiques. Il appelle à un élan collectif pour protéger l’État de droit et garantir la crédibilité des institutions républicaines.

Conscient de la complexité de la situation, Pierre Espérance demeure persuadé qu’un accord entre les Haïtiens est envisageable. Il préconise l’établissement d’un gouvernement technocratique ayant pour mission claire de rétablir la sécurité, de désarmer les gangs armés et d’organiser des élections libres, justes et démocratiques.

Dans cette perspective, le directeur exécutif du RNDDH réaffirme que le gouvernement sous la direction du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé doit poursuivre la gestion des affaires courantes afin de prévenir toute interruption administrative et institutionnelle.

En conclusion, Pierre Espérance lance un appel solennel aux magistrats de la Cour de cassation, les incitant à faire preuve de prudence afin de préserver leur sécurité ainsi que l’intégrité de l’institution judiciaire. Il exhorte également les acteurs politiques, sociaux et religieux à transcender leurs intérêts personnels en vue d’établir un cadre de gouvernance à la fois crédible et respectueux des principes de l’État de droit.

« Non à l’impunité, oui à l’État de droit », a-t-il déclaré en conclusion, appelant à une mobilisation des citoyens intègres du pays afin de sortir Haïti de la crise politique actuelle.

La rédaction.

Réalité Info

RÉALITÉ INFO est un média en ligne haïtien destiné à informer une audience mondiale. Notre priorité est de fournir à nos lecteurs des informations fiables et pertinentes sur les événements culturels, sociaux, économiques et politiques. realiteinfo1@Gmail.com Un média en ligne proposant une approche novatrice centrée sur une information authentique et actualisée en temps réel.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page