Lutte contre la corruption : l’ONLCC interpelle la nouvelle directrice de l’ULCC et réclame une réforme en profondeur

Dans une lettre ouverte, l’ONLCC appelle la nouvelle directrice de l’ULCC à renforcer l’indépendance de l’institution et à mobiliser la société civile.
Port-au-Prince, 7 juillet 2026.- Quelques jours après l’installation de Goethie Varnelle Morency à la tête de l’ULCC, l’Observatoire National de Lutte Contre la Corruption (ONLCC) lui adresse une lettre ouverte dans laquelle il salue sa nomination tout en dressant un état des lieux préoccupant de l’institution chargée de combattre la corruption en Haïti.
L’organisation rappelle que la nouvelle directrice est la première femme à diriger l’ULCC, une nomination qualifiée d’historique. Toutefois, elle souligne que cette arrivée est déjà entourée de controverses et de rumeurs liées à ses origines, des éléments qui, selon l’ONLCC, ne devraient pas remettre en cause sa légitimité ni détourner l’attention des véritables enjeux de gouvernance.
Au cœur de la lettre figure un constat sévère. L’ONLCC estime que l’ULCC est aujourd’hui fragilisée et que ses capacités d’action ont été davantage réduites depuis l’adoption, en décembre 2025, du décret sur la Haute Cour de Justice par le Conseil Présidentiel de Transition (CPT).
Pour l’organisation, cette situation compromet l’efficacité de la lutte contre la corruption et souligne la nécessité de revoir le fonctionnement de l’institution.
L’ONLCC rappelle qu’elle milite depuis plusieurs années pour une ULCC plus autonome. Elle demande notamment l’octroi d’une ligne budgétaire propre, un mandat clairement défini pour chaque direction générale ainsi que des garanties institutionnelles destinées à protéger l’organisme des influences politiques.
Selon l’organisation, ces réformes permettraient à l’institution d’exercer pleinement sa mission de prévention, d’enquête et de lutte contre les actes de corruption.
Au-delà des réformes institutionnelles, l’ONLCC invite la nouvelle directrice à établir un partenariat durable avec les organisations de la société civile engagées dans la promotion de la transparence et de la bonne gouvernance.
L’organisation estime que la lutte contre la corruption ne peut être menée uniquement par les institutions publiques et qu’elle doit également s’appuyer sur les citoyens et les organismes qui dénoncent les abus administratifs et les détournements de fonds publics.
Dans ce sens, l’ONLCC souhaite plein succès à Goethie Varnelle Morency dans ses nouvelles fonctions, tout en rappelant que la relance de l’ULCC constituera un test important pour la crédibilité des politiques publiques de lutte contre la corruption en Haïti.


