Lettre ouverte de l’Accord de Montana : les signataires contestent la légitimité d’Alix Didier Fils-Aimé et appellent les ministres à respecter l’ordre républicain

Lettre ouverte de l’Accord de Montana : les signataires contestent la légitimité d’Alix Didier Fils-Aimé et appellent les ministres à respecter l’ordre républicain
Port-au-Prince, 19 février 2026.- Dans un contexte politique particulièrement tendu, l’Assemblée des signataires de l’Accord du 30 août 2021, connu sous le nom d’Accord de Montana, a adressé une lettre ouverte aux membres du conseil de gouvernement actuel. Le Comité de pilotage appelle solennellement les ministres au respect strict des principes républicains et à la sauvegarde des institutions de l’État.
Dans sa correspondance, le Comité de pilotage de l’Accord de Montana rappelle que, selon les principes du droit public haïtien, l’exercice provisoire des attributions présidentielles ne peut, en aucun cas, être assumé par un Premier ministre agissant seul. En situation de vacance ou de succession régulière — hypothèses que le Comité estime non avérées dans le contexte actuel — la continuité de l’État relèverait d’une responsabilité collégiale des ministres.
L’organisation souligne qu’à la suite de la révocation jugée « légitime » de Alix Didier Fils-Aimé par le Conseil Présidentiel de Transition, ce dernier ne disposerait plus d’aucune qualité légale ou légitime pour engager la République, prendre des décisions exécutoires ou exercer une autorité sur les institutions publiques.
Toute initiative entreprise sous son impulsion depuis cette révocation serait, selon les signataires, constitutive d’une usurpation de pouvoir et exposerait ses auteurs à de lourdes conséquences politiques et administratives.
Le Comité exhorte les membres du conseil de gouvernement à ne pas cautionner, par leur participation ou leur silence, des actes qu’il considère contraires à la légalité républicaine. Suivre l’ancien chef du gouvernement dans cette voie reviendrait, selon le texte, à placer l’État « en dehors du droit », au détriment des principes encadrant la transition politique et la souveraineté nationale.
Les signataires affirment également que certaines forces, tant nationales qu’internationales, auraient privilégié un exécutif monocéphale, plus aisément influençable. Une orientation que le Comité rejette catégoriquement, estimant que la facilité politique ne saurait primer sur la légitimité institutionnelle et la dignité nationale.
Dans un ton ferme et solennel, le Comité rappelle aux ministres qu’ils demeurent des dépositaires temporaires de la confiance publique. Il souligne que la confusion politique ambiante ne saurait exonérer quiconque de sa responsabilité individuelle et collective dans la préservation de l’ordre républicain.
« Nul ne pourra invoquer l’obéissance hiérarchique ou la contrainte politique pour justifier des actes attentatoires à l’ordre constitutionnel », insiste la lettre.
Les signataires avertissent que tout manquement ou complicité active dans ce qu’ils qualifient de dérive autoritaire exposerait les responsables non seulement au jugement de l’opinion publique, mais également à celui de l’Histoire.
Malgré la gravité de la situation décrite, le Comité de pilotage se dit convaincu qu’il existe encore, au sein du gouvernement, des femmes et des hommes d’État capables de faire prévaloir le droit, la raison et l’intérêt supérieur de la Nation.
Pour les signataires de l’Accord de Montana, l’enjeu dépasse les rivalités politiques : il concerne la crédibilité de la transition, la stabilité institutionnelle et l’avenir collectif du peuple haïtien.
Rédaction Réalité Info


