Politique

Haïti face à l’échéance du 7 février 2026 : le Front commun appelle à une solution institutionnelle fondée sur la Cour de cassation

Port-au-Prince, 5 février 2026.- À l’initiative du Front commun vers la Cour de cassation, une conférence de presse conjointe réunissant acteurs politiques, juristes et leaders sociopolitiques favorables à une sortie de crise par les institutions s’est tenue dans la capitale. Présentée comme une rencontre « historique », la conférence a donné la parole à plusieurs intervenants majeurs qui ont, chacun à leur manière, défendu la thèse d’une transition fondée sur la Cour de cassation, dans le strict respect de la Constitution et de l’histoire institutionnelle d’Haïti.
Haïti face à l’échéance du 7 février 2026 : le Front commun appelle à une solution institutionnelle fondée sur la Cour de cassation

Prenant la parole au nom du Front commun, Dr Fritz Bissereth a qualifié la rencontre de « journée historique », soulignant la présence simultanée, pour la première fois, des trois coordonnateurs nationaux du mouvement. Il a salué le retour au pays de Madame Kethelie Excellant, coordonnatrice internationale, venue du Canada pour participer à cette mobilisation.

Dans son intervention, Dr Bissereth a rappelé les décisions prises lors des assises internes du Front, notamment la proclamation d’une permanence politique jusqu’au 7 février 2026, date qu’il considère comme charnière pour la fin d’un cycle de gouvernance. Il a insisté sur la nécessité d’un président issu de la Cour de cassation, accompagné d’organes de contrôle et d’un agenda stratégique clair.

Appelant à la communauté internationale, il a averti que la résolution de la crise haïtienne ne saurait se faire en dehors de la Constitution, des institutions et de l’histoire du pays. « Chaque fois qu’un pays traverse une crise, on doit se référer à sa loi fondamentale et à ses institutions », a-t-il martelé, appelant à la vigilance face aux solutions imposées de l’extérieur.

De son côté, l’ex-député Serge Jean-Louis a salué la presse nationale et internationale pour sa présence « en dépit d’un contexte difficile », avant de rappeler le long processus de concertation ayant conduit à cette conférence conjointe. Il a révélé qu’au moins 24 entités politiques avaient participé aux réunions préparatoires.

Dans un plaidoyer politique et économique, l’ancien parlementaire a dénoncé le coût humain et financier de la crise prolongée, évoquant l’instabilité institutionnelle et l’incertitude autour de la gouvernance. Selon lui, le débat sur la fin du mandat au 7 février 2026 ne nécessite ni commission de médiation ni de facilitation, mais une simple constatation juridique conforme à la Constitution.

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Il a également rappelé son parcours de député de la 46e législature, se réclamant des valeurs républicaines et démocratiques, tout en appelant à une décision courageuse pour éviter l’enlisement institutionnel.

L’intervention de Seméfie Jules s’est voulue pédagogique et historique. S’adressant aux « compatriotes », il a replacé le débat dans l’évolution constitutionnelle d’Haïti, évoquant la Constitution de 1987 et son amendement de 2011.

Il a longuement expliqué les mécanismes prévus en cas de vacance présidentielle, rappelant que, dans les versions antérieures du texte constitutionnel, la Cour de cassation jouait un rôle central. Revenant sur l’assassinat du président Jovenel Moïse, le 7 juillet 2021, il a souligné le vide institutionnel résultant de l’absence d’un Parlement fonctionnel, rendant inapplicables certaines dispositions constitutionnelles.

Selon lui, la crise actuelle résulte moins d’un choix politique que d’un enchaînement de défaillances institutionnelles, ce qui justifie, à ses yeux, une relecture pragmatique et responsable de la Constitution pour sortir de l’impasse.

Clôturant la série d’interventions, l’ingénieur Yvon Desroses a dressé un tableau sombre de la situation sécuritaire et sociale du pays, marquée par la perte de territoires, les déplacements forcés de populations et la paralysie de la circulation.

Revenant sur les engagements du Conseil présidentiel de transition (CPT), il a estimé que les objectifs annoncés, sécurité, réforme constitutionnelle, conférence nationale et élections crédibles n’ont pas été atteints. Pour lui, le mandat du CPT arrive à expiration sans possibilité de prolongation.

Face à cette réalité, il a proposé une transition à gouvernance bicéphale, avec un président issu de la Cour de cassation et un Premier ministre consensuel, chargés de piloter une nouvelle phase transitoire menant à des élections générales crédibles. Cette option, a-t-il soutenu, s’appuie sur des précédents historiques et jurisprudentiels haïtiens, notamment ceux des années 1990.

Au terme de cette conférence conjointe, les intervenants ont affiché une convergence de vues : la sortie de crise passe par un retour aux institutions, en particulier la Cour de cassation, et par le respect des échéances constitutionnelles. Le Front commun vers la Cour de cassation entend ainsi poursuivre sa mobilisation pour convaincre l’opinion publique nationale et internationale de la pertinence de cette option, présentée comme une voie de stabilité et d’espoir pour la société haïtienne.

La rédaction.

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