Graduation – 2025 : « La protection de l’enfance est une mission de vie » , déclare Chrislie Luca, directrice de l’OCCEDH

Graduation – 2025 : « La protection de l’enfance est une mission de vie » , déclare Chrislie Luca, directrice de l’OCCEDH
Pétion-Ville, le samedi 13 décembre 2025.- La commune de Pétion-Ville a organisé, une cérémonie de remise des diplômes d’une grande portée sociale et symbolique. Organisé par l’Organisation des Cœurs pour le Changement des Enfants Démunis d’Haïti (OCCEDH), avec le soutien de divers partenaires nationaux et internationaux, cet événement a célébré la sortie de 286 enfants, adolescents et jeunes, formés aux métiers techniques et artisanaux, dans un contexte national caractérisé par l’insécurité et les déplacements forcés.

La cérémonie s’est tenue en présence de représentants de l’UNICEF, de l’INFP, de l’IBERS, de l’OCHA, ainsi que d’organisations internationales, d’acteurs de la société civile, de parents et de nombreux invités.
Lors de son discours, la directrice de l’OCCEDH, Madame Chrislie Luca, a souligné la réalité démographique et sociale du pays, en se référant à un rapport de l’UNICEF datant de 2019, qui indique que plus de la moitié de la population haïtienne est âgée de moins de 24 ans. Elle a souligné qu’une jeunesse est « profondément affectée par les inégalités sociales, l’accès restreint à l’éducation, à l’emploi et aux services fondamentaux, ainsi que par des rapports de pouvoir déséquilibrés entre les femmes et les hommes ».

Émue, la directrice a souligné que la protection de l’enfance transcende le cadre professionnel pour revêtir un caractère de vocation : « Ce n’est pas seulement un emploi, c’est une véritable mission de vie que Dieu m’a conférée. » Elle a salué la détermination des jeunes, souvent déracinés par la violence des groupes armés, ayant traversé des périodes d’incertitude et de traumatisme, avant de découvrir au sein du centre un espace sécurisant propice à leur reconstruction.
Les diplômés ont reçu une formation dans divers domaines, notamment la coiffure, l’onglerie, la mécanique de motos, le dépannage de téléphones mobiles, la confection artisanale et le crochet. « Pour ces jeunes, un rêve longtemps précaire se concrétise enfin », a-t-elle affirmé, exprimant sa gratitude envers les partenaires, les formateurs et les parents pour leur engagement collectif.

Au nom de l’UNICEF, Mme Inge Vervloesem a exprimé sa profonde satisfaction de participer à la cérémonie de graduation de cette promotion, dans un contexte national difficile. Elle a souligné que l’insécurité prive de nombreux jeunes de repères, rendant plus que jamais essentiel le soutien accordé aux adolescents.
D’après les propos de la représentante de l’UNICEF, cet événement témoigne de l’engagement ferme de l’institution à garantir à chaque enfant et adolescent en Haïti la possibilité d’atteindre pleinement son potentiel. Elle a qualifié cette cérémonie de remise de diplômes comme une « lueur d’espoir » et a souligné que l’éducation constitue le fondement de la résilience, de la paix et du développement durable.

Elle a également souligné la qualité de l’environnement d’apprentissage offert par le centre soutenu par l’UNICEF, grâce au financement d’Education Cannot Wait, en mettant en avant que les jeunes y ont acquis non seulement des compétences techniques, mais également des aptitudes de vie, de créativité et de leadership.
Prenant la parole, Mme Pierre Emmanuela Tanis, représentante de l’IBERS, a souligné l’importance stratégique de la formation professionnelle. Elle a déclaré : « Investir dans la formation de ces jeunes, c’est leur transmettre des valeurs, des compétences et leur insuffler la confiance en eux. Cela constitue un investissement direct dans l’avenir du pays. » Elle a également estimé que ces initiatives représentent des semences pour la paix, la dignité et la reconstruction nationale.

Elle a salué les parents et les éducateurs, les qualifiant de premiers à avoir cru en ces enfants, avant de s’adresser directement aux diplômés : « Ne laissez jamais personne entraver vos rêves. Vous disposez de talents, de valeur et vous avez un rôle fondamental à jouer dans l’avenir d’Haïti. »
Un moment clé de la cérémonie a été la déclaration de M. Modibo Traoré, adjoint du secrétaire général des Nations Unies en Haïti et parrain de la promotion, qui a conféré à l’événement une dimension à la fois institutionnelle et humaine. Il a souligné que le centre de l’OCCEDH avait été sélectionné comme une étape essentielle de sa visite officielle afin de présenter, au-delà des représentations souvent négatives relayées à l’international, « une Haïti résiliente, capable de générer des initiatives positives et porteuses d’espoir ».
En qualifiant la cérémonie de remise des diplômes d’une réalisation remarquable, comparable à d’autres succès nationaux récents, il a salué la promotion Renaissance, qui incarne la volonté de renouveau et de reconstruction. Avec une profonde émotion, il a également rendu hommage à la mémoire d’Emmanuel Louis, un jeune homme disparu, symboliquement inclus parmi les diplômés.
S’adressant à 286 jeunes originaires de communautés touchées par la violence et les déplacements, le parrain a salué leur décision de transformer leurs vulnérabilités en opportunités. Il a souligné l’importance des compétences acquises, allant de la mécanique à la cosmétologie, en passant par l’artisanat, présentées comme des leviers vers l’autonomie, la dignité et un avenir durable, à l’abri des menaces pesant sur la jeunesse.
À l’issue de la cérémonie, un message puissant a été unanime parmi les intervenants : cette graduation ne constitue pas une conclusion, mais bien le point de départ d’un parcours. Pour ces jeunes, elle symbolise une victoire sur l’adversité et une promesse d’apport positif à la société haïtienne.
Valescot Wilgins

