Employés du CNE : le SECNE interpelle le Premier ministre sur les arriérés de salaires et le transfert toujours bloqué

Par Bénita Ortelus
Port-au-Prince, 10 février 2026.- Le dossier des anciens employés du Centre National des Équipements (CNE) refait surface avec fracas. Dans une note de presse au ton ferme, le Syndicat des Employés du Centre National des Équipements (SECNE) interpelle directement le Premier ministre, Alix Didier Fils Aimé, et dénonce l’enlisement persistant d’un dossier social pourtant tranché par les autorités de la transition.

Selon le SECNE, tout remonte au Conseil des ministres du 20 août 2025, convoqué pour statuer sur les responsabilités de l’État haïtien relatives au paiement des arriérés de salaires, des bonus, ainsi que sur le transfert et le dédommagement des employés du CNE. Des décisions claires auraient alors été adoptées. Mais leur application s’est heurtée à un refus catégorique du ministre de l’Économie et des Finances de l’époque, Alfred Fils Metellus, pourtant présent lors de la séance.
Sous la pression des mobilisations syndicales et de plusieurs mouvements de protestation, le ministère des Finances a finalement consenti à un règlement partiel : neuf mois d’arriérés de salaires et les bonus des exercices 2023-2024 ont été versés. Une avancée jugée insuffisante par le syndicat, qui souligne qu’aucune mesure concrète n’a suivi pour régler définitivement le dossier.
À ce jour, le transfert effectif des employés, le paiement intégral des sommes dues et les dédommagements prévus restent lettre morte. Une situation d’autant plus incompréhensible que ces engagements figurent noir sur blanc dans les décisions prises par les autorités de la transition, notamment sous le Conseil Présidentiel de Transition (CPT), et confirmées par un décret adopté en septembre 2024 par l’ancien Premier ministre Garry Conille.

Face à ce qu’il qualifie de « blocage injustifiable », le SECNE exige des réponses immédiates du chef du gouvernement. Trois questions clés sont posées publiquement : où se trouvent les fonds destinés au dédommagement des employés du CNE ? Entre quelles mains sont-ils actuellement ? Ont-ils été gérés par le CPT ou retenus par le ministère de l’Économie et des Finances ?
Le syndicat prévient qu’il n’entend pas baisser les bras. Il réaffirme sa détermination à poursuivre toutes les actions légales et syndicales nécessaires jusqu’à une résolution complète, transparente et conforme aux droits des travailleurs, rappelant que l’État haïtien doit honorer les engagements qu’il a lui-même pris.


