Crise au sein de la transition : Fritz Alphonse Jean accuse Washington et Ottawa d’ingérence dans le dossier de la Primature
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Crise au sein de la transition : Fritz Alphonse Jean accuse Washington et Ottawa d’ingérence dans le dossier de la Primature
Le climat politique en Haïti s’est à nouveau tendu mardi, à la suite d’un point de presse au cours duquel le conseiller présidentiel Fritz Alphonse Jean a directement mis en cause les gouvernements américain et canadien. Selon lui, les sanctions annoncées à son encontre ne relèveraient pas d’une lutte contre la criminalité, mais d’une tentative de peser sur les décisions internes du Conseil présidentiel de transition (CPT).
Le membre influent du CPT affirme que les menaces de révocation de visas, adressées à lui-même et à sa famille, seraient intervenues immédiatement après que le Conseil a acté sa volonté de remplacer le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé. Des extraits de messages, provenant selon le CPT de diplomates américains et canadiens et relayés via WhatsApp ou par e-mail, ont été rendus publics pour appuyer ses accusations.
Dans un document interne présenté à la presse, le CPT reproche au chef du gouvernement une incapacité persistante à faire face à l’escalade de la violence, une gouvernance défaillante et l’absence de progrès dans l’organisation des élections. L’exécutif collégial évoque notamment l’échec du budget de guerre, destiné à renforcer les capacités de l’État face aux groupes armés, ainsi que des irrégularités dans l’administration des investissements publics.
Au cours de son intervention, Fritz Alphonse Jean a dressé un tableau sévère de la situation nationale. Il a dénoncé une “captation de l’État” par de petits groupes bénéficiant, selon lui, de réseaux politico-financiers puissants, responsables de la persistance des violences dans plusieurs régions du pays, notamment à La Plaine, Martissant, Cité-Soleil et dans certaines zones de l’Artibonite.
Le conseiller a assuré qu’il ne reculera pas devant ce qu’il considère comme une campagne de discrédit orchestrée pour le réduire au silence. “Si combattre la mafia qui prend l’État en otage, qui fait circuler armes, drogues et munitions, est un crime, alors je suis prêt à continuer ce combat sans relâche”, a-t-il lancé.
Cette nouvelle confrontation entre le CPT et certains partenaires internationaux intervient alors que la transition peine à avancer. La question du maintien ou du remplacement du Premier ministre apparaît désormais au cœur d’un bras de fer qui dépasse largement les frontières haïtiennes, révélant la fragilité des alliances diplomatiques et la profondeur des tensions internes.
La rédaction.


