Après le 7 février, Pèp Delma Reveye plaide pour un exécutif bicéphale et un président issu de la Cour de cassation

Delmas, 6 février 2026.- À la veille du 7 février, date marquant la fin du mandat du Conseil présidentiel de transition (CPT), le mouvement socio-politique Pèp Delma Reveye, accompagné de ses alliés, a tenu une conférence de presse dans la commune de Delmas, afin de clarifier sa position sur la conjoncture nationale et les perspectives de gouvernance.
D’entrée de jeu, Bien-Aimé Léonel, coordonnateur du mouvement, a rappelé la nature et l’engagement de la structure. « Pèp Delma Reveye est un mouvement socio-politique qui observe avec inquiétude l’accumulation des crises dans le pays. Face à cette réalité, nous ne sommes pas favorables à un exécutif à tête unique. Nous défendons clairement l’option d’un exécutif bicéphale », a-t-il déclaré.
Selon lui, une large partie de la population souhaite que la magistrature suprême, notamment la Cour de cassation, joue un rôle central dans la nouvelle architecture du pouvoir exécutif.
Prenant la parole sur le fond politique, Annelus Jeanot a dressé un tableau sombre de la situation du pays. Il a attiré l’attention de la communauté nationale et internationale sur les multiples crises qui frappent le pays : instabilité politique chronique, insécurité généralisée, difficultés économiques et sociales, ainsi que l’effondrement des secteurs de la santé et de l’éducation.
« Depuis plus de dix ans, le pays vit sans élections. Il n’y a ni président élu, ni Parlement fonctionnel, ni autorités locales légitimes. Cette vacance institutionnelle alimente le chaos actuel », a-t-il souligné.
Sur le plan sécuritaire, Annelus Jeanot a évoqué des chiffres alarmants, rappelant que plus de deux millions de personnes seraient déplacées, notamment dans les départements de l’Ouest, de l’Artibonite et des Nippes, tandis que les routes nationales numéro 1 et 2 restent bloquées depuis plusieurs années. « L’insécurité touche toutes les couches de la société : médecins, commerçants, ouvriers, enseignants, élèves et entrepreneurs », a-t-il insisté.
Face à ce constat, Pèp Delma Reveye et ses alliés réaffirment leur revendication centrale : la mise en place d’un exécutif bicéphale, capable de rompre avec la corruption, de restaurer l’autorité de l’État et d’organiser des élections crédibles. « Il faut un exécutif fort et équilibré, capable de résoudre les problèmes du peuple et de conduire le pays vers des élections pour élire un président, des parlementaires et des élus locaux légitimes », a martelé Annelus Jeanot.
De son côté, Bien-Aimé Léonel a également mis en garde contre toute ingérence étrangère dans le choix des dirigeants haïtiens. « Les décisions concernant l’avenir du pays doivent être prises par les Haïtiens eux-mêmes, sur la base d’un accord politique inclusif », a-t-il affirmé, tout en appelant à un consensus national autour de la formule de l’exécutif bicéphale, avec un président issu de la Cour de cassation.
À l’issue de la conférence, le mouvement a réitéré son appel au dialogue politique et à la mobilisation citoyenne, estimant que seule une transition réellement inclusive pourra sortir Haïti de l’impasse actuelle.
La rédaction.


