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Accord de Montana : appel à l’action après le constat alarmant de la CEH

Après le message de la Conférence épiscopale d’Haïti sur l’insécurité, la gouvernance et les incertitudes électorales, l’Accord de Montana appelle à dépasser les constats.

L’Assemblée des signataires de l’Accord de Montana appelle à passer des constats à l’action face à l’aggravation de l’insécurité, aux difficultés de gouvernance et aux incertitudes entourant le processus électoral en Haïti. Dans un communiqué de presse transmis à RÉALITÉ INFO ce 1er octobre 2026, elle réagit au message de la Conférence épiscopale d’Haïti (CEH) et plaide pour une mobilisation plus large des forces vives du pays.

Port-au-Prince, 1er octobre 2026 .-L’Accord de Montana appelle à « l’action, au dialogue et à la responsabilité » après la publication, par la Conférence épiscopale d’Haïti (CEH), d’un message consacré à la dégradation de la situation nationale.

Dans un communiqué de presse daté du 1er octobre 2026, l’Assemblée des signataires dit prendre acte du constat dressé par les évêques à l’issue de leur assemblée plénière tenue du 21 au 24 septembre. Elle relève notamment les préoccupations de la CEH concernant l’insécurité, l’affaiblissement de l’autorité de l’État, le manque de leadership et les incertitudes liées au processus électoral.

La CEH avait elle-même appelé à créer les conditions nécessaires à des élections crédibles, notamment en matière de sécurité, de fonctionnement institutionnel et de protection des citoyens.

Pour l’Accord de Montana, le moment n’est toutefois plus seulement aux constats. Le mouvement estime que l’autorité morale et l’implantation nationale de l’Église catholique peuvent contribuer davantage à rapprocher les acteurs et à favoriser une mobilisation autour de la paix, de la justice et de la démocratie.

L’organisation soulève ainsi plusieurs questions sur les démarches actuellement entreprises par des personnalités se réclamant de l’Église catholique ou agissant en son nom. Elle s’interroge notamment sur leurs résultats en matière de dialogue politique, de gouvernance et de préparation d’un processus électoral crédible.

Elle demande également quelle articulation existe entre ces initiatives et la position officielle de la CEH, et si elles relèvent d’une stratégie institutionnelle ou d’initiatives individuelles. L’Accord précise que ces interrogations ne remettent pas en cause l’engagement de l’Église, mais qu’elles appellent davantage de cohérence, de coordination, de transparence et de responsabilité.

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L’Accord de Montana invite par ailleurs les universités, les barreaux, les organisations professionnelles, les confessions religieuses, la société civile, le secteur privé, les syndicats, les organisations paysannes ainsi que les organisations de femmes et de jeunes à sortir de l’attentisme.

La diaspora et les autres forces vives du pays sont également appelées à participer à cette mobilisation. Selon l’Accord, la crise haïtienne ne peut être résolue par les seuls acteurs politiques.

Le mouvement lie par ailleurs les dimensions sécuritaire, institutionnelle et électorale à une même problématique de gouvernance. Il affirme avoir alerté, avant comme après le 7 février 2026, sur les insuffisances de la gouvernance en place et sur son incapacité, selon lui, à restaurer durablement l’autorité de l’État et à répondre aux besoins fondamentaux de la population.

Sur le renouvellement du mandat de la Force de Répression des Gangs (FRG), l’Accord de Montana reconnaît la nécessité d’un appui technique international à la lutte contre les groupes armés.

Il estime cependant que la reconduction d’un mandat international ne peut, à elle seule, régler la crise sécuritaire. Le mouvement pose plusieurs questions sur les résultats attendus : protection effective de la population, reprise durable du contrôle des territoires par l’État, sécurisation des infrastructures et axes stratégiques, ainsi que renforcement réel des capacités de la Police nationale d’Haïti (PNH) et des Forces armées d’Haïti (FAd’H).

Le Conseil de sécurité de l’ONU a effectivement renouvelé, le 29 septembre 2026, le mandat de la FRG pour six mois, jusqu’au 31 mars 2027. Il a parallèlement rappelé que les autorités haïtiennes portent la responsabilité première de la sécurité et de la protection des civils.

Dans son communiqué, l’Accord de Montana insiste enfin sur la nécessité d’une coopération internationale qui renforce les capacités nationales sans se substituer durablement aux institutions haïtiennes. Il considère que la protection de la population, le rétablissement de l’ordre public et la restauration de l’autorité de l’État demeurent une responsabilité nationale.

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